Rolle tient tout entier dans une rue. La ville neuve fondée par la maison de Savoie en 1319 s'est étirée le long de la rive, et le bourg d'aujourd'hui garde cette forme en bande : le château et le port à une extrémité, la place de La Harpe, la Grand-Rue, puis le giratoire du Châtelain et la route de Lausanne à l'autre. Derrière, le terrain remonte doucement vers la gare, à un peu plus de 400 mètres d'altitude, soit une trentaine de mètres au-dessus du plan d'eau. Depuis Lausanne, nos camions rejoignent la commune par l'autoroute A1 et la sortie 13 Rolle, en une trentaine de kilomètres, et la bretelle débouche directement au-dessus de la ville : l'accès régional est simple, c'est le dernier kilomètre qui demande de la préparation.
Ce dernier kilomètre passe presque toujours par la Grand-Rue, qui n'est pas une rue de vieille ville tranquille. Elle porte la route cantonale RC1 entre Genève et Lausanne, supporte quelque 11'000 véhicules par jour et sert d'itinéraire aux convois exceptionnels. Son réaménagement lui a laissé un espace de circulation bidirectionnel de six mètres en traversée de Rolle, avec du stationnement disposé en alternance d'un côté puis de l'autre, et deux giratoires, l'un à la place de La Harpe, l'autre au carrefour du Châtelain. Concrètement, un camion arrêté devant une porte y bloque la circulation cantonale. Nous travaillons donc par créneaux courts, avec un véhicule dimensionné pour la rue, et nous évitons le vendredi matin au centre : le marché hebdomadaire occupe la place du Marché de 7h30 à 13h00 toute l'année.
Le bâti du bourg impose sa propre logistique. Les maisons de la Grand-Rue sont anciennes et contiguës, sans ascenseur, avec des cages d'escalier étroites, des caves et des combles qui font souvent le gros du volume réel. Côté lac, leurs jardins privés sont minces et se terminent sur un quai piétonnier : les seuls passages vers l'eau sont la Ruelle de l'Île, la Ruelle des Halles, la Ruelle des Ministres, le Passage Vuillermet et la Promenade de Belles-Lettres, tous fermés aux véhicules. Un logement du bourg se vide donc par l'avant, sur la route cantonale, jamais par l'arrière. Côté amont, la rue du Temple, la rue du Nord, la rue des Jardins et la rue des Anciens-Bains sont étroites et en partie à sens unique.
Le reste de la commune se débarrasse autrement. Les Uttins, Beaulieu, le Martinet, La Prairie, le Closel et Jolimont sont des secteurs de villas et de petits immeubles où le camion peut se ranger devant l'entrée. Les Vernes et la route du Mont-Blanc, à l'est, longent le port et la plage. La zone artisanale de La Pièce, à l'ouest de la commune, concentre ateliers et dépôts. Autour de la gare, les caves et pressoirs Schenk marquent encore le paysage. S'y ajoutent l'hôpital de Rolle et l'Institut Le Rosey, dont le campus principal est ici et dont les familles internationales entretiennent une rotation de logements meublés.
L'évacuation obéit à des règles locales précises. La déchèterie se trouve au chemin des Abattoirs, à l'ouest de la commune, et elle est réservée aux habitants de Rolle et de Gilly, sur présentation de la carte d'accès délivrée par le Service des finances, à la Grand-Rue 44. Les entreprises n'y sont admises que le mardi de 7h30 à 9h30 et le jeudi de 13h30 à 17h00, avec pesée des volumes et facturation. Les ordures ménagères sont ramassées le vendredi, les déchets organiques le mardi, et rien ne peut être sorti sur le domaine public avant 18h00 la veille : aucun de ces canaux n'absorbe le contenu d'un appartement. Nous chargeons donc directement dans le camion et répartissons chaque flux dans les filières suisses : bois, métaux, appareils électriques, papier et carton, textiles, déchets ultimes. Les objets encore utilisables sont proposés aux associations de la région. Nous intervenons dans les mêmes conditions chez les voisines de Rolle : Perroy, Mont-sur-Rolle, Tartegnin, Essertines-sur-Rolle, Bursinel et Gilly.