Depuis Lausanne, Fribourg se rejoint par l'autoroute A12, environ septante-cinq kilomètres et une petite heure de route. La difficulté commence à la sortie d'autoroute. La ville est bâtie dans une boucle serrée de la Sarine, qui la coupe en deux et impose de passer par un pont pour changer de rive. Depuis l'ouverture du pont de la Poya, le pont de Zaehringen est interdit aux véhicules motorisés, le 12 octobre 2014, à l'exception des services de sécurité, des cyclomoteurs et des transports publics. Un utilitaire venant du nord ou du Schoenberg ne coupe donc plus par là pour atteindre le Bourg : il contourne par la Poya ou descend dans la boucle. Nous calons l'itinéraire sur la rive et sur le niveau de l'adresse, pas seulement sur la distance.
Le vrai obstacle est le dénivelé. La ville haute, autour du Bourg et de la cathédrale, domine les quartiers de l'Auge et de la Neuveville installés au bord de la rivière. Les liaisons entre les deux sont courtes mais très raides : le Stalden, ancienne porte est de la ville, la rue de la Grand-Fontaine, la Route-Neuve, et les escaliers du Court-Chemin, qui ne sont qu'un raccourci piéton. Le funiculaire Neuveville-Saint-Pierre, en service depuis 1899 et mû par le contrepoids des eaux usées de la ville haute, rachète 56,4 mètres de dénivelé sur 126,4 mètres de tracé, mais il transporte des voyageurs, pas des armoires. Depuis le 25 janvier 2023, la circulation motorisée est en outre interdite dans les deux sens entre la Route-Neuve et la rue de la Grand-Fontaine, pour sortir le trafic de transit de la Basse-Ville. Concrètement, le camion se pose au point autorisé le plus proche et le portage se fait en navette, en montée ou en descente selon l'adresse.
Le bâti confirme cette contrainte. Fribourg conserve près de deux cents maisons à façade gothique, construites en molasse extraite aux abords immédiats de la ville, et forme l'un des plus vastes ensembles médiévaux d'Europe. Dans l'Auge, à la Neuveville et au Bourg, cela veut dire des cages d'escalier étroites et tournantes, des paliers exigus, des portes basses, des caves voûtées et des greniers sous charpente, presque jamais d'ascenseur. Une armoire ne descend pas entière et le monte-meubles ne trouve pas toujours où se poser. Les autres quartiers relèvent d'une autre logique : Pérolles et les Places avec leurs immeubles de rapport, le Schoenberg avec ses grands ensembles d'après-guerre, Gambach, Beaumont-Vignettaz et Jura-Torry avec un habitat plus récent, souvent équipé d'un ascenseur mais avec des caves et des garages où dort le gros du volume.
Le stationnement se prépare. Réserver des places de parc pour un déménagement ou un débarras à Fribourg se demande en ligne auprès de la Police locale, service Stationnement, route de l'Aurore 4a, et la demande doit être transmise dix jours à l'avance. Dans la Basse-Ville, où les rues sont étroites et souvent en sens unique, cette réservation n'est pas un confort mais la condition pour travailler sans bloquer le quartier.
L'élimination suit des règles fribourgeoises. La déchetterie des Neigles, route des Neigles 50, est réservée aux habitantes et habitants de la ville, avec contrôle à l'entrée, et les entreprises sont renvoyées vers des sociétés spécialisées. La déchetterie mobile passe dans certains des quinze points de récolte de la ville une fois toutes les deux semaines, et il n'existe pas de ramassage des encombrants porte-à-porte. Les ordures incinérables du secteur partent à la SAIDEF, à Posieux, en service depuis 2001, qui traite les déchets de 151 communes du canton et de la Broye vaudoise. Nous chargeons donc directement et répartissons chaque flux : bois, métaux, appareils électriques et électroniques, papier et carton, textiles, encombrants, déchets spéciaux. Ce qui est encore en état est proposé aux associations de la place.