Yverdon-les-Bains occupe le fond du lac de Neuchâtel, dans la plaine de l'Orbe, à un peu plus de 430 mètres d'altitude. Quatre cours d'eau canalisés la traversent, la Thièle, le canal Oriental, le Mujon et le Buron : ils découpent les quartiers en secteurs nettement séparés et multiplient les ponts à franchir. Depuis Lausanne, nos camions arrivent par l'A1, l'échangeur d'Yverdon puis les jonctions d'Yverdon-Sud ou d'Yverdon-Ouest, à une quarantaine de kilomètres, ce qui permet de charger et de repartir sans transbordement. Sur place, la vraie coupure est la ligne du Pied-du-Jura, qui sépare le centre du bord du lac et dont est né le projet de quartier Gare-Lac.
Le centre ancien est le point le plus délicat. Le bourg fondé par Pierre de Savoie vers 1258 n'est pas un damier : c'est un ovale traversé par trois rues longitudinales, la rue du Lac, la rue du Milieu et la rue du Four, complétées par la rue du Pré et la rue Roger-de-Guimps. Le parcellaire est en ordre contigu, façades collées, cages d'escalier serrées, ascenseur rare, caves en sous-sol desservies par un escalier tournant. L'accès des véhicules est réglé par des bornes escamotables, avec trois entrées : la rue du Lac côté pont de Gleyres, la rue du Milieu côté Caserne et la rue Pestalozzi pour la place. Les bornes s'abaissent seules pour les livraisons du lundi au vendredi de 6h à 10h et le samedi de 6h à 8h. En dehors de ces plages, une autorisation doit être demandée à la police plusieurs jours à l'avance. Nous calons donc le chargement sur ces créneaux.
Le reste de la ville demande une autre logistique. Au sud, le quartier des Moulins aligne tours et barres de logements des années 1960 et 1970, dont la tour de la cité des Chaînettes, quatorze niveaux, le plus haut immeuble d'Yverdon, et trois tours de dix à douze niveaux : cabines d'ascenseur étroites, paliers courts, protections indispensables dans les parties communes. Le Cheminet, au tracé presque orthogonal coupé en diagonale par la rue d'Orbe, les Uttins et leurs petits blocs locatifs des années 1940, les Prés-du-Lac et la Prairie mêlent maisons individuelles et immeubles de trois ou quatre étages souvent dépourvus d'ascenseur. Aux Cygnes, les maisons sont petites, très serrées, flanquées d'annexes et de réduits où s'accumule le stockage. À Pierre-de-Savoie, à la Sablonnaire et le long de l'avenue des Bains, les villas ajoutent cave, galetas et abri de jardin, qui font souvent le gros du volume réel.
Yverdon est aussi une ville d'ateliers. Entre la Thièle et le canal Oriental s'étend le quartier industriel des ateliers CFF, en activité depuis 1854. Entre le canal Oriental et le Buron se dressent les anciennes halles Paillard, devenues le Centre Saint-Roch, et les bâtiments de la rue de l'Industrie. Le long de l'avenue de Grandson subsiste l'ancienne usine de piles Leclanché. Au sud de la ville, Y-Parc réunit sur une cinquantaine d'hectares près de deux cents entreprises ainsi qu'une partie de la HEIG-VD. Nous y évacuons mobilier de bureau, rayonnages, établis, matériel informatique et archives.
L'élimination, enfin, suit des règles proprement yverdonnoises. La déchèterie intercommunale d'Yverdon et de Treycovagnes, exploitée par STRID à la rue des Petits-Champs, est réservée aux habitants de ces deux communes sur présentation d'une carte de ménage intransmissible ; aucune entreprise n'y est autorisée et les véhicules de plus de 3,5 tonnes n'y sont pas admis. Les professionnels doivent passer par le centre de collecte, où chaque apport est pesé. La Ville ramasse par ailleurs les encombrants ménagers le mercredi, sur annonce préalable, les objets devant être sortis sur le domaine public la veille au soir, appareils électriques exclus. Cela convient pour un canapé, pas pour un logement complet. Nous chargeons donc directement dans le camion et répartissons chaque flux dans les filières suisses. Nous intervenons dans toute la commune ainsi qu'à Montagny-près-Yverdon, Treycovagnes, Cheseaux-Noréaz, Pomy, Ependes et Cuarny, et plus largement dans le Jura-Nord vaudois.