Nyon se lit d'abord dans sa pente. Le port et le quai Louis-Bonnard sont au ras de l'eau, la vieille ville et le château dominent le lac depuis le plateau, et la ligne CFF sépare le centre historique des quartiers nord. Cette topographie décide de presque tout dans un débarras. Depuis Lausanne, nos camions rejoignent la commune par l'autoroute A1 et la sortie 11 de Nyon, en une trentaine de kilomètres, ce qui permet de charger puis de repartir sans transbordement intermédiaire. Sur place en revanche, le véhicule doit souvent rester en contrebas ou en amont du logement, et le portage se fait à la main sur plusieurs dizaines de mètres.
Dans le Vieux-Bourg, autour de la Grand-Rue, de la place du Marché et de la place du Château, le bâti est ancien, contigu et rarement équipé d'un ascenseur. Les cages d'escalier tournent serré, les paliers sont courts, une armoire ou un canapé ne passe pas toujours sans démontage préalable. La rue de la Colombière descend vers le lac, la Vy-Creuse et la rue de Rive relient le quartier de Rive au plateau par une chaussée étroite et pentue, et la rue de la Gare est en zone piétonne. Un ascenseur public relie le niveau du Musée du Léman à la ville haute, mais il est réservé aux piétons : il ne remplace pas un monte-meubles. Le samedi matin, le marché occupe la Grand-Rue, la place du Marché, la place Bel-Air, la place Saint-Martin, la rue du Collège et la rue de la Gare jusqu'en début d'après-midi. Nous ne planifions donc aucun gros chargement au centre ce matin-là.
Le reste de la commune demande une autre logistique. La Levratte, ensemble préfabriqué des années 1970, ainsi que les immeubles des Plantaz, du Reposoir et de Clémenty, disposent d'ascenseurs au gabarit limité : nous réservons la cabine auprès de la gérance et posons des protections de palier avant de commencer. Les villas des Tines, de Changins et de Marens ajoutent caves, galetas, garages et abris de jardin, qui représentent souvent le plus gros du volume réel. Les zones d'activités de Champ-Colin et de La Vuarpillière concentrent bureaux, ateliers et dépôts, avec mobilier professionnel, rayonnages et archives à sortir. Enfin, la présence d'employeurs internationaux, dont le siège de l'UEFA installé route de Genève, entretient une rotation de logements meublés qui se libèrent sur des calendriers serrés.
L'élimination, elle, suit des règles proprement nyonnaises. La déchèterie communale se trouve au chemin des Marais, au lieu-dit L'Asse, et son accès est réservé aux habitants de Nyon sur présentation d'une carte magnétique ; les déchets d'entreprise n'y sont pas acceptés. La Ville propose par ailleurs un enlèvement d'encombrants sur commande, limité à huit objets par ménage et par collecte : de quoi évacuer un vieux congélateur, pas un logement complet. Nous chargeons donc directement dans le camion, et chaque flux part séparé vers les filières de recyclage suisses : bois, métaux, appareils électriques, papier et carton, textiles, déchets ultimes. Les objets encore en état sont proposés aux associations de la région plutôt que jetés.
Nous intervenons dans toute la commune et chez ses voisines directes, Prangins, Eysins, Signy-Avenex, Duillier, Trélex et Grens, ainsi que dans le reste du district de Nyon. Deux détails de calendrier comptent ici : la semaine du Paléo, sur la plaine de l'Asse, sature les accès au nord de la ville, et le réaménagement du secteur Perdtemps modifie régulièrement le stationnement au centre. Nous repérons donc l'adresse en amont, mesurons l'escalier, la porte palière et l'ascenseur, et demandons si nécessaire une autorisation de stationnement temporaire devant l'immeuble. Le jour de l'intervention, l'équipe arrive avec le matériel de démontage et de protection correspondant au logement, et non avec un fourgon générique.