Gland ne se lit pas comme un vieux bourg lémanique, mais comme une ville née de l'autoroute. En 1964, à l'ouverture de l'A1, la commune comptait environ 2'000 habitants ; elle en compte aujourd'hui près de 14'000, dont plus de 20% gagnés depuis 2010 seulement. Concrètement, la majorité des logements que nous vidons ici datent des cinquante dernières années : cages d'escalier normalisées, ascenseurs, parkings souterrains, locaux de rangement au sous-sol. Depuis Lausanne, nos camions arrivent par l'A1 et la sortie 12, à une trentaine de kilomètres, ce qui permet de charger puis de repartir sans transbordement intermédiaire.
La ligne CFF Lausanne-Genève, qui dessert Gland depuis 1858, coupe la commune en deux, et les habitants parlent toujours de Sur-Gare et de Sous-Gare. Cette coupure n'est pas seulement mentale : la collecte communale des ordures ménagères passe le lundi au nord des voies et le mardi au sud, et le passage sous-voies de la gare, mis en service en 2017, est réservé aux piétons et aux cycles. Pour un débarras, cela décide de l'itinéraire du camion et du point de chargement selon que l'adresse se trouve au nord, du côté du Vieux-Bourg et de l'administration communale, ou au sud, du côté de la rue Mauverney.
Le Vieux-Bourg, autour de la Grand-Rue et de la rue du Borgeaud, est le seul secteur de bâti vraiment ancien : un ensemble villageois du XVIIIe siècle, aux maisons contiguës, sans ascenseur, avec des caves et des combles où s'accumule l'essentiel du volume réel. Ses espaces publics ont été refaits pendant trois ans et inaugurés le 9 mai 2026, et le secteur est aménagé en zone de rencontre : vitesse limitée à 20 km/h, piétons prioritaires sur toute la chaussée. Un camion y accède, mais il n'y stationne pas librement. À Gland, tout empiètement sur le domaine public est soumis à autorisation préalable de la Municipalité, à demander au Service de la population, et les agents de sécurité publique contrôlent le stationnement.
Le reste de la commune demande une autre méthode. À l'ouest, l'écoquartier Eikenøtt aligne 485 logements pour environ 1'200 habitants, livrés entre 2013 et 2014 et desservis par un parking à étages de 600 places qui sert aussi d'écran le long de l'autoroute : le chargement part souvent de ce silo, dont la hauteur sous plafond conditionne le véhicule que nous engageons. Aux Tuillières, la tour de Cité-Ouest 31, bâtie en 1974, empile quinze niveaux et 57 appartements sur une seule batterie d'ascenseurs, que nous faisons réserver auprès de la gérance avant d'intervenir. Près de la gare, le quartier de La Combaz, sur la rue de la Combe, achève de densifier le centre.
Gland est aussi une commune d'emplois. Ses zones industrielles et artisanales, Le Lavasson, La Crétaux et les Avouillons, la Combe et la Ballastière, le chemin du Vernay, concentrent ateliers, dépôts et bureaux à vider. Le centre de conservation de la rue Mauverney 28 abrite l'UICN et le WWF International, ce qui entretient une rotation de logements occupés par des ménages en mission pour quelques années, avec des calendriers de départ serrés. Côté élimination, la déchèterie communale se trouve à l'intersection de la route de Nyon et de la rue de l'Etraz : elle est réservée aux habitants de Gland, munis de leur carte d'accès. Une entreprise établie sur la commune peut demander un badge, mais uniquement pour des volumes comparables à ceux d'un ménage. Nous chargeons donc directement dans le camion et répartissons chaque flux dans les filières suisses, à Gland comme à Prangins, Vich, Begnins, Luins ou Dully.