Le premier facteur est le volume, et c'est celui que l'on estime le plus mal. On lit un logement à travers ce que l'on voit : le canapé, les armoires, la table. Ce que l'on ne compte pas, c'est ce qui est rangé dedans. Une armoire pleine ne fait pas le volume d'une armoire, mais celui de l'armoire plus son contenu une fois sorti et mis en sacs. S'y ajoutent les réserves invisibles depuis le salon : la cave, le galetas, le balcon, le garage, le dessus des placards, le dessous des lits. C'est de là que vient presque toujours l'écart entre ce qu'un client décrit au téléphone et ce que l'équipe charge réellement.
Vient ensuite l'accès, qui pèse autant que le volume. Le même mobilier ne demande pas le même travail au rez-de-chaussée de plain-pied qu'au dernier étage d'un immeuble ancien sans ascenseur. Quand l'ascenseur existe, tout n'y entre pas : un canapé d'angle, un grand réfrigérateur ou une armoire non démontable repartent par l'escalier. La distance de portage compte ensuite, entre la porte de l'appartement et le hayon du camion : quelques mètres de trottoir, ou une cour, un chemin en pente, un passage sous voûte. Et il y a le stationnement. Dans les rues étroites de Lausanne et des vieux bourgs vaudois, se poser devant l'immeuble n'est pas acquis : il faut une autorisation, des cases réservées, ou faire la navette depuis plus loin.
La nature de ce qui sort change tout, parce que les filières suisses ne se ressemblent pas. Le mobilier courant se traite au volume. Les appareils électriques et électroniques sont séparés et déposés dans la filière de reprise qui leur correspond. Les déchets spéciaux ne se mélangent jamais au tout-venant : peintures, solvants, colles, huiles, batteries, tubes fluorescents, produits de jardin partent vers un point de collecte dédié. Les inertes sont un cas à part : gravats, carrelage, béton, sanitaires en céramique, terre. Ils sont lourds, se traitent au poids et non au volume, et une cave de gravats n'a rien de commun avec une cave de cartons. Matelas, ferraille et archives papier ont chacun leur destination.
À l'inverse, une part de ce qui sort a encore de la valeur, et cette part vient en déduction. Mobilier ancien, luminaires, vaisselle de service, outillage, instruments, livres et disques : ce qui peut être revendu ou remis en circuit réduit d'autant le solde à évacuer et à facturer. Un logement encore garni ne revient donc pas mécaniquement à plus cher qu'un logement à moitié vide. Le nettoyage se décide à part : rendre un logement balayé n'est pas la même prestation qu'un nettoyage de fin de bail avec cuisine, sanitaires et vitres. Le calendrier compte aussi, une date choisie à l'avance en semaine permettant de grouper les tournées et les dépôts, là où une intervention hors planning mobilise une équipe pour elle seule.
C'est pour cela qu'un devis sérieux se fait sur visite, ou à défaut sur photos. Sur place, la lecture est complète et ne laisse rien de côté. À distance, des photos bien faites suffisent souvent, à condition de montrer les bonnes choses. Photographiez chaque pièce depuis la porte, en entier, plutôt qu'un objet isolé. Ouvrez les armoires, les placards et les buffets, et prenez-les pleins. N'oubliez ni la cave, ni le galetas, ni le balcon, ni le garage. Montrez la cage d'escalier, la porte de l'immeuble, l'ascenseur portes ouvertes et la rue devant l'entrée. Précisez l'étage et ce que vous souhaitez conserver. Une estimation faite là-dessus tient le jour du chantier, et c'est le seul chiffre qui vous soit vraiment utile.