Depuis Lausanne, Genève est à une soixantaine de kilomètres par l'autoroute A1, une cinquantaine de minutes hors des heures de pointe. Le vrai travail commence à l'entrée en ville. Genève tient sur moins de 16 km2 et le Rhône la coupe en deux dès sa sortie du lac. Passer de la rive droite à la rive gauche se fait par un nombre limité d'ouvrages, dont le pont du Mont-Blanc, le plus chargé de la ville, et le pont de la Coulouvrenière juste derrière lui. Nous calons donc l'heure d'arrivée du camion sur la rive de l'adresse, pas seulement sur la distance.
La Vieille-Ville est le périmètre le plus contraignant du canton. Bâtie sur la colline qui domine le lac, elle est fermée par des bornes escamotables placées à la rue de la Tertasse, à la place du Bourg-de-Four et à la rue des Chaudronniers, et seuls les ayants droit peuvent y circuler en véhicule entre 20h et 7h. Environ un tiers de ses rues sont en zone de rencontre, le reste en zone piétonne : la Grand-Rue, la rue des Granges, la rue du Perron et les abords du Bourg-de-Four n'acceptent pas un camion devant la porte. Le dispositif évolue encore, avec une nouvelle borne à la rue Julienne-Piachaud et le déplacement de celle du Bourg-de-Four vers la rue de Saint-Léger. Pour ces adresses, l'accès se demande aux services compétents et le portage se fait par navette depuis le point autorisé le plus proche.
Le reste de la ville se lit par son bâti. Après la démolition des fortifications en 1850, la ceinture fazyste a couvert les Pâquis, les Eaux-Vives, Plainpalais et Saint-Gervais d'immeubles d'inspiration haussmannienne : beaux volumes, plafonds hauts, cages d'escalier en colimaçon et, très souvent, pas d'ascenseur ou une cabine ajoutée après coup dans le vide central. Une armoire de ces appartements ne descend pas entière. Les Grottes et la Jonction, quartiers de logements ouvriers de la même époque, ajoutent des caves et des greniers exigus. Champel et Florissant relèvent d'une autre logique, avec des immeubles bourgeois et des villas dont le volume réel dort au sous-sol. Le secteur des Acacias et des Vernets, plus grande zone industrielle du canton depuis les années 1960 et déclassée en 2011 dans le cadre du projet Praille-Acacias-Vernets, voit lui des ateliers, des dépôts et des bureaux se libérer régulièrement.
Le stationnement se prépare. Occuper le domaine public genevois pour un débarras, avec un camion, un monte-meubles ou un dépôt temporaire de matériel, exige une permission d'usage accru du domaine public délivrée par le Service de l'espace public de la Ville, à demander au minimum dix jours ouvrables avant l'occupation, contre une redevance fixée par le règlement municipal. Le macaron habitant ne couvre pas ce cas et les cases de livraison sont limitées dans le temps. Deux adresses, au chargement et au déchargement, veulent dire deux demandes distinctes. Nous nous en chargeons et fixons la date en conséquence.
L'élimination suit des règles genevoises, pas vaudoises. Les trois espaces de récupération cantonaux, Châtillon à Bernex, La Praille à Carouge et Les Chânats à Bellevue, sont réservés aux particuliers domiciliés dans le canton : l'accès est interdit aux professionnels et les déchets d'entreprises, de commerçants et d'artisans y sont refusés. Depuis le 1er février 2026, l'entrée passe par un pass ESREC personnel, avec lecture de plaque. La Ville propose de son côté un débarras d'objets encombrants sur rendez-vous, limité à sept objets par ménage et par rendez-vous, à raison d'un rendez-vous tous les sept jours, sans appareils électriques ni électroniques et sans déchets d'activité commerciale. Le tri est obligatoire dans le canton pour les ménages comme pour les entreprises, et Genève reste le seul canton suisse à ne pas appliquer la taxe au sac. Nous chargeons donc directement et répartissons chaque flux : bois, métaux, appareils électriques, papier et carton, textiles, déchets ultimes. Ce qui est encore en état est proposé aux associations genevoises.