Montreux n'est pas une ville de plaine, c'est un versant. La commune couvre 33 kilomètres carrés et grimpe de 371 mètres au bord du Léman à 2025 mètres aux Rochers-de-Naye. Entre les deux, une vingtaine de villages et de quartiers s'accrochent à la pente : Clarens et Vernex au ras de l'eau, la Vieille Ville des Planches et Territet juste au-dessus, puis Chailly, Brent, Chernex, Sonzier, Glion, Caux et Les Avants. Depuis Lausanne, nos camions arrivent par l'A9 et la jonction 15, qui ne débouche pas au bord du lac mais sur les hauts, du côté de Chailly et de Brent. Selon l'adresse, on redescend ensuite vers le quai ou on continue de monter.
Le bord du lac concentre l'essentiel des logements. Clarens abrite à lui seul plus d'un tiers des habitants de la commune, dans un tissu d'immeubles serrés où les places de stationnement sont comptées. Vers le centre, les quais, la Grand-Rue et l'avenue des Alpes forment trois niveaux reliés par des escaliers et des rampes. Un détail change tout pour une équipe de débarras : la ligne 201 du trolleybus, qui relie Vevey à Villeneuve en traversant Clarens, Montreux et Territet, est alimentée par des lignes aériennes suspendues au-dessus de la chaussée. Un monte-meubles ne se déploie donc pas n'importe où, et l'emplacement du camion se décide avant l'intervention, pas le matin même.
Monter à Glion ou à Caux relève d'une autre logistique. La rue du Temple, qui traverse la Vieille Ville, est le seul axe routier desservant ces deux villages, avec environ trois mille véhicules par jour et une succession de virages serrés. Le funiculaire Territet-Glion, en service depuis 1883, et le train à crémaillère qui monte de la gare de Montreux aux Rochers-de-Naye transportent des voyageurs, pas des armoires. Plus au nord, Les Avants se trouvent à 970 mètres, sur la ligne du MOB. Caux est à 1054 mètres. En hiver, la neige y tient alors que le quai est dégagé : nous équipons le véhicule en conséquence et calons l'horaire sur la fonte du matin.
Le bâti garde la trace de l'histoire hôtelière de la ville. Les grands hôtels de la Belle Époque ont laissé des immeubles hors norme, dont plusieurs ont été transformés en appartements en propriété par étages. À Territet, l'ensemble formé par l'ancien Grand Hôtel et l'Hôtel des Alpes, bâti entre 1883 et 1904 et classé monument historique, n'est plus exploité comme hôtel depuis les années 1970 et abrite des logements. Couloirs interminables, cages d'escalier monumentales, ascenseurs qui ne sont pas au gabarit d'un déménagement : le portage y est long. À l'opposé, les villages des hauts alignent des maisons anciennes et des chalets dont les caves, galetas et remises pèsent souvent plus lourd que le logement lui-même.
L'évacuation obéit ensuite à des règles strictement locales. La déchèterie des Foges, route des Châtaigniers 13bis à Chailly, dessert Montreux et Veytaux. Les ménages y accèdent avec une carte gratuite ; les entreprises seulement si elles sont domiciliées dans l'une de ces deux communes, et leur carte ne donne accès ni aux déchèteries mobiles ni aux écopoints. Le débarras sur appel de la commune, lui, est réservé aux habitants, se commande au moins quinze jours à l'avance, passe le lundi et s'arrête à trois mètres cubes : il ne vide pas un appartement. Nous chargeons donc la totalité du volume dans nos véhicules et séparons les flux au chargement, bois, métaux, appareils électriques, textiles, papier et déchets spéciaux. Ce qui peut resservir est mis de côté pour les associations de la Riviera.