Lausanne ne se vide pas comme une ville de plaine. La commune s'étale sur plus de cinq cents mètres de dénivelé, du port d'Ouchy, vers 374 mètres, jusqu'au Chalet-à-Gobet, à 873 mètres, en passant par un centre situé autour de 495 mètres. Le tissu urbain monte en terrasses depuis la rive, et le noyau historique est bâti sur trois collines, la Cité, le Bourg et Saint-Laurent, reliées par le Grand-Pont, le pont Chauderon et le pont Bessières au-dessus des vallées du Flon et de la Louve, aujourd'hui enterrées. Deux adresses voisines sur le plan peuvent être séparées par plusieurs dizaines de mètres de dénivelé, un escalier public et un sens unique. Nous repérons donc l'adresse avant de fixer la date, et nous choisissons le gabarit du véhicule en fonction de la rue.
Le stationnement est le premier point à régler. Le centre et la plupart des quartiers résidentiels sont en zones macarons, réparties de la zone A à la zone O, avec une zone L propre au centre-ville. Pour immobiliser un camion devant l'immeuble, il faut demander une réservation de places de parc auprès de l'office de la circulation et du stationnement de la Ville. La demande se dépose en ligne et doit être faite au minimum sept jours ouvrables à l'avance ; la signalisation est posée puis retirée par le service. Si l'intervention exige un pont élévateur ou un monte-meubles posé sur la chaussée, un permis d'utilisation temporaire du domaine public s'ajoute à la réservation. Nous prenons ces démarches en charge.
Dans la Cité et autour de la place de la Palud, le bâti est ancien, contigu et rarement pourvu d'ascenseur. Les Escaliers du Marché, escalier de bois couvert qui relie la Palud à la cathédrale, longent une chaussée pavée très raide ; la rue Pierre-Viret, ouverte dans le prolongement du pont Bessières, est passée en zone 30 à sens unique. Une partie du centre, dont la rue de Bourg, est en zone piétonne : l'accès y est commandé par une borne escamotable qui s'abaisse pendant les heures de livraison. Pour ces adresses, le camion reste au point accessible le plus proche et le portage se fait par navette, avec démontage sur place des armoires et des canapés qui ne passent pas la cage d'escalier.
Le reste de la ville demande d'autres méthodes. À Sous-Gare, à Montriond et à la Borde, les immeubles du début du vingtième siècle ont des cages d'escalier serrées, des paliers courts et des galetas sous les toits, parfois accessibles par une échelle de meunier. Les grands ensembles élevés entre la fin des années 1950 et les années 1970, à Boisy-Pierrefleur, à Praz-Séchaud, aux Boveresses et à la Bourdonnette, ont des ascenseurs, mais des cabines au gabarit limité : nous les réservons auprès de la gérance et protégeons paliers et sols communs. Sur les hauts, à Chailly, à Rovéréaz et dans les zones foraines de Vernand, de Montblesson, de Vers-chez-les-Blanc et du Chalet-à-Gobet, qui couvrent à elles seules plus de la moitié du territoire communal, ce sont des villas et des maisons rurales, avec caves, combles, garages et dépendances.
L'élimination suit enfin des règles proprement lausannoises. Les objets volumineux ne peuvent pas être déposés à côté des conteneurs les jours de ramassage, c'est interdit : ils doivent être amenés en déchèterie fixe. La Ville en exploite plusieurs, à Malley au chemin de l'Usine à gaz, au Vallon, à la Bourdonnette le long de la route de Chavannes et à la Perraudettaz au chemin du Levant. L'accès se fait avec une carte personnelle gratuite, réservée aux habitants de Lausanne et des communes partenaires, Renens, Prilly, Pully et Paudex. Les entreprises n'y sont pas admises et passent par la déchèterie des entreprises de Malley, avec pesée. Nous trions à la source et orientons chaque flux vers les filières suisses ; les incinérables partent à TRIDEL, l'usine de la Sallaz alimentée depuis la gare de Sébeillon par un tunnel ferroviaire creusé sous la ville.