Épalinges est une commune de plateau. Elle culmine autour de 800 mètres, alors qu'Ouchy est à 373 mètres, et elle est encerclée par Lausanne sur presque tout son périmètre, à l'exception de la limite avec Le Mont-sur-Lausanne. Nos camions y montent par la route de Berne depuis la jonction autoroutière de Lausanne-Vennes, sortie 10 de l'A9, qui se trouve juste au pied de la commune. Cet axe cantonal, la RC 601, absorbe de l'ordre de 27'000 véhicules par jour entre l'autoroute et le carrefour des Croisettes : nous évitons donc les heures de pointe pour les chargements qui longent cette route. L'écart d'altitude a une deuxième conséquence, saisonnière. Ce qui tombe en pluie au bord du lac tombe régulièrement en neige à Épalinges, et le déneigement des routes et des trottoirs figure parmi les tâches courantes de la voirie communale. En hiver, nous vérifions l'état des rampes de garage et des allées privées avant de décider où poser le camion.
Le bâti dominant, ce sont les villas et les maisons individuelles, issues pour beaucoup de la forte croissance qui a suivi la construction de l'autoroute. Une villa palinzarde, c'est rarement le seul rez et l'étage : c'est aussi une cave, des combles, un garage, souvent un atelier, un abri de jardin ou une cabane au fond de la parcelle. Le volume réel d'un débarras y dépasse presque toujours ce que laisse imaginer la surface habitable, et c'est la raison pour laquelle nous visitons avant de fixer le camion et l'équipe. Les chemins qui desservent ces quartiers, à Montéclard, au Praz-Buchilly, aux Planches, au Bornalet ou vers la Girarde, sont étroits, souvent sans trottoir ni place de retournement, et bordés de haies. Le véhicule reste alors sur le chemin et le portage se fait par l'allée, à la main ou au diable.
Le collectif se concentre dans les trois centralités. Croisettes-Tuileries réunit à elle seule près de 3'000 habitants ; l'arrivée du m2 en 2008 y a fait sortir de terre des immeubles qui dominent la station. À la Croix-Blanche, le front de rue construit pour l'essentiel dans les années 1990 mêle logements, commerces, bureaux et administration communale, avec des accès de livraison partagés et un parking commun. Dans ces immeubles, nous réservons l'ascenseur auprès de la gérance, protégeons paliers et parois, et démontons sur place les meubles qui ne passent pas la cabine.
Le tissu professionnel d'Épalinges est particulier. Le Biopôle, parc de sciences de la vie créé en 2004 sur la route de la Corniche, y accueille des laboratoires, dont le centre de recherche sur le cancer du Ludwig Cancer Research ; le Département de biochimie de l'Université de Lausanne est installé au chemin des Boveresses, et le CHUV exploite le Centre Sylvana au chemin du même nom. Pour ces adresses, nous évacuons mobilier de bureau, rayonnages, matériel informatique et archives, en passant par les quais de livraison lorsque le bâtiment en dispose. Les déchets spéciaux de laboratoire, eux, relèvent de filières agréées et restent à la charge de l'établissement.
L'élimination suit ensuite des règles locales précises. La déchèterie communale du Giziaux, au chemin du Bois-de-la-Chapelle, est réservée aux habitants sur présentation d'une carte d'accès délivrée par ménage, et elle est fermée le jeudi et le dimanche. Les habitants de la zone foraine des Râpes, qui comprend Vers-chez-les-Blanc, le Chalet-à-Gobet et Montblesson, demandent leur carte à la Ville de Lausanne. Le ramassage communal des encombrants, lui, s'adresse uniquement aux personnes de plus de 65 ans ou invalides selon la LAI, pour de petites quantités, les déménagements étant expressément exclus : la filière communale ne couvre donc pas un vide maison. Nous chargeons directement dans le camion et répartissons chaque flux dans les filières suisses : bois, métaux, appareils électriques, papier et carton, textiles, déchets ultimes. Ce qui est encore en état part vers les associations de la région plutôt qu'à l'incinération.