Prilly se comprend d'abord par ses trois niveaux. Au sud, la plaine de Malley longe les voies CFF, aux environs de 425 mètres. Au centre, le plateau du Château, de la place du Marché et de la route de Cossonay se tient vers 480 mètres. Au nord, les hauts de l'Union, de Mont-Goulin et de Cery dépassent les 500 mètres. Une septantaine de mètres de dénivelé séparent donc le bas du haut de la commune, sur à peine deux kilomètres, et le vallon du ruisseau de Broye entaille la limite avec Renens et Jouxtens-Mézery. Depuis Lausanne, nos camions arrivent en quelques minutes par la route de Renens ou l'avenue du Chablais, et depuis l'autoroute par la jonction de Crissier.
Le bâti prilléran dicte la méthode. La commune est passée d'environ 4'000 habitants en 1950 à plus de 13'000 en 1970 : c'est là qu'ont été bâtis la plupart des immeubles locatifs qui font aujourd'hui le paysage de Mont-Goulin, de Jolimont, de Corminjoz, du Pré-Bournoud et de l'Union. Ces bâtiments ont des cages d'escalier étroites, des paliers courts et des ascenseurs d'origine au gabarit limité, quand ils en ont un. Les caves se répartissent en longs couloirs de sous-sol à angles droits, et le volume réel d'un appartement s'y trouve souvent doublé. Nous démontons sur place les armoires et les canapés qui ne passent pas, et nous protégeons paliers et parois avant de commencer. Sur les hauts, du côté de Broye, de Cery et de Sous-Mont, le tissu de villas ajoute combles, garages et cabanons.
Malley change de visage. La halte CFF de Prilly-Malley a ouvert en 2012, l'arrêt Malley du métro m1 est à quelques centaines de mètres, la Vaudoise aréna occupe le chemin du Viaduc depuis 2019 et le tram t1 arrive par l'avenue du Chablais. Autour de ces équipements, les friches industrielles du sud de la commune deviennent des quartiers : Malley-Gare, Malley-Viaduc, Malley-Centre, sans compter la reconversion de l'ancien site industriel de la commune. Cela signifie deux choses pour nous. Il y a désormais beaucoup de logements neufs qui se libèrent et se relouent vite dans ce secteur, et il reste des locaux, ateliers et dépôts d'ancienne génération à vider avant transformation. Les jours de match ou de concert à la Vaudoise aréna, en revanche, le stationnement du quartier est saturé : nous fixons alors l'intervention le matin.
Le stationnement est la vraie difficulté du quotidien. La densité laisse peu de places libres, la majeure partie du domaine public est en zone bleue et la Ville délivre des autorisations liées au quartier d'habitation ou de travail, ainsi que des autorisations temporaires. La réservation de places sur la voie publique passe par la Police de l'Ouest lausannois, dont le poste se trouve route des Flumeaux 41 à Prilly. À cela s'ajoutent les chantiers : la route de Cossonay, qui supporte environ 25'000 véhicules par jour, est reprise depuis plusieurs années pour le bus à haut niveau de service et le giratoire de Prilly-Centre, avec des déviations et des places supprimées par étapes. Nous repérons donc l'adresse avant de fixer la date.
L'élimination suit des règles prilléranes précises. La déchèterie intercommunale fixe de Malley, au chemin de l'Usine à gaz à Renens, est celle qui dessert la commune, et l'accès y demande la carte de déchèterie remise par ménage. La Ville écrit noir sur blanc que les ménages qui font eux-mêmes leur déménagement ou leur débarras doivent s'y rendre, déchargement et tri à leur charge. Les déchèteries mobiles de Prilly, elles, sont interdites d'accès aux véhicules motorisés, limitées à un mètre cube par ménage, et il est expressément interdit de les utiliser pour vider une cave ou déménager. Nous chargeons donc directement, séparons bois, métaux, appareils électriques, papier, textiles et déchets ultimes, et proposons aux associations les objets encore en état.