Vallorbe est une commune de frontière et de rail. Elle s'étend sur 23 kilomètres carrés dans le district du Jura-Nord vaudois, du point le plus bas des gorges de l'Orbe, à 610 mètres, jusqu'à la paroi de la Dent de Vaulion, à 1480 mètres. Le centre est à 750 mètres et l'essentiel du bâti se tient entre 750 et 800 mètres, sur le versant ensoleillé du Mont-d'Or, de part et d'autre de la rivière. Depuis Lausanne, il faut compter une cinquantaine de kilomètres et de l'ordre de trois quarts d'heure de route ; la semi-autoroute A9b relie la localité au réseau depuis 1989. Le chemin de fer est arrivé de Lausanne en 1870, de Paris par Jougne en 1875, et le percement du tunnel du Mont-d'Or en 1915 a fait de Vallorbe une gare internationale avec ses douanes, aujourd'hui encore desservie par les trains Paris-Lausanne.
Le centre a brûlé en 1883 et a été rebâti vite, ce qui explique son unité. La Grand-Rue, la rue de l'Ancienne-Poste, la place du Pont et la place de la Liberté alignent des maisons contiguës, souvent avec un commerce au rez et des logements au-dessus. Les entrées donnent directement sur la rue, les cages d'escalier sont droites et étroites, l'ascenseur y est l'exception. Un camion ne peut pas y rester longtemps : nous chargeons par rotations courtes, avec des diables et des sangles, et nous protégeons les paliers et les seuils.
Les quartiers ouvriers sont la marque de la commune. Le long de la rue du Moutier, un alignement dense d'habitations de trois niveaux a été construit à proximité de l'usine au tournant du vingtième siècle. Le Faubourg, ancien quartier ouvrier relevé après l'incendie, garde son lavoir couvert. La Puaz forme un noyau bilatéral serré de maisons isolées et en rangées des années 1895-1910. Sur le versant, un quartier au tracé orthogonal a été élevé vers 1900-1915, avec le collège de 1915 et trois immeubles ouvriers disposés autour d'une cour centrale, datés de 1914. Ces logements ont des pièces modestes, des escaliers serrés, des caves et des galetas qui font souvent la moitié du volume à sortir.
Hors du noyau, la commune se disperse. Les hameaux du Day, du Creux et de La Dernier, ainsi que le secteur des Éterpaz aujourd'hui rattaché au village, comptent des maisons avec remises, bûchers et parfois un rural. Plus haut, la route mène au fort de Pré-Giroud et au col de Jougne. Le long de la rivière subsistent les grands complexes industriels : les Usines Métallurgiques fondées en 1899 avec leur cheminée de brique et leur canal, l'ancienne fabrique d'aiguilles des années 1830, les Grandes Forges devenues musée du fer. À l'est, la zone d'extension mêle habitations et halles de grand volume. Nous y sortons mobilier professionnel, machines, rayonnages et archives.
L'élimination obéit ici à des règles précises. La déchèterie de la Combe du Bugnon est réservée aux seuls habitants de la commune et n'admet pas les entreprises ; elle est fermée le dimanche, le lundi et les jours fériés, avec des horaires d'été et d'hiver distincts. Le ramassage des encombrants a lieu le dernier mardi du mois dès midi, de janvier à novembre, sur inscription le matin même, et il est destiné aux personnes non motorisées : le règlement communal exclut expressément les débarras complets d'appartements, les matériaux de construction et les résidus d'activité commerciale ou industrielle. Un logement entier ne passe donc pas par ces filières communales. Nous chargeons dans le camion et répartissons chaque flux : bois, ferraille, appareils électriques et électroniques, papier et carton, textiles, inertes, déchets ultimes. Malgré la proximité de la douane, rien ne traverse la frontière : tout repart vers les filières suisses. Ce qui est encore en état est proposé au réemploi.