Cossonay se lit d'abord verticalement. Le bourg occupe un plateau à quelque 570 mètres d'altitude au-dessus de la Venoge, alors que la gare CFF qui porte son nom, Cossonay-Penthalaz, se trouve en contrebas dans la plaine, sur le territoire de Penthalaz, à environ quatorze kilomètres et demi de Lausanne. Entre les deux circule un funiculaire mis en service en 1897 : 1'228 mètres de voie, 133 mètres de dénivelé, une pente qui atteint 13 pour cent, quatre minutes de trajet, entièrement reconstruit et remis en service en juin 2014. C'est un transport de voyageurs. Aucun meuble, aucun électroménager, aucun carton de débarras n'y monte ni n'en descend. Tout passe donc par la route cantonale qui grimpe depuis Penthalaz, le secteur dit les Côtes de Cossonay, jusqu'au giratoire de la place du Pont. Depuis Lausanne, nos camions rejoignent la commune par l'A1 puis cette montée, sur une quinzaine de kilomètres.
Le bourg ancien est un site construit d'importance nationale, inscrit à l'inventaire fédéral ISOS. Cossonay reçoit ses franchises en 1264 et a été ceinte de trois enceintes successives, aux onzième, treizième et quatorzième siècles. Le tracé médiéval commande encore les accès : la Grand-Rue file d'un bout à l'autre du bourg, bordée de maisons contiguës sans recul ni cour, avec des entrées étroites, des cages d'escalier qui tournent serré et des caves basses. Environ 300 personnes y habitent et une quarantaine de commerces y sont installés. Depuis 2004, ce périmètre est en zone de rencontre : entrées matérialisées, deux tronçons à sens unique, stationnement alterné sur une des rues. Concrètement, un camion n'y stationne pas longtemps et ne fait pas demi-tour n'importe où. Nous repérons l'adresse, nous nous plaçons au point autorisé le plus proche et nous portons.
Le reste de la commune obéit à une autre logique. Sur le plateau du Pré-aux-Moines, qui regroupe le collège, le théâtre et la gare routière, un quartier de logements s'est construit à l'est de la route de Morges à partir du plan de quartier Route de Morges nord adopté en 2016. Là, l'accès véhicule est simple, mais les ascenseurs et les paliers sont au gabarit standard et plusieurs immeubles ont un parking souterrain trop bas pour un camion : nous chargeons en surface, au plus près de l'entrée. Plus loin, le hameau d'Allens et les lieux-dits des Rochettes, du Grand Verney, de Sus le Mont ou du Bois du Sépey alignent des maisons et des fermes où le volume se trouve surtout à la grange, au galetas et dans le rural. En bas, au bord de la Venoge, l'ancien site des Câbleries et tréfileries de Cossonay, à cheval sur Cossonay et Penthalaz, est devenu Venoge Parc : de nombreuses entreprises y louent des locaux, avec mobilier professionnel, rayonnages et archives à sortir.
L'élimination suit des règles locales strictes. Le centre de tri des déchets se trouve route de la Sarraz 14 et son accès est réservé aux seuls habitants de Cossonay et de Chevilly, sur présentation de la carte d'admission reçue par courrier. Les déchets d'entreprise n'y sont pas acceptés. La commune n'organise pas de ramassage des encombrants à domicile : seules les personnes âgées ou à mobilité réduite qui ne disposent pas d'un transport adapté peuvent demander à titre exceptionnel l'intervention des services communaux, à leurs frais. Une compostière communale complète le dispositif pour les déchets verts. Nous chargeons donc l'ensemble dans le camion et nous répartissons chaque flux dans sa filière : bois, ferraille, appareils électriques et électroniques, papier et carton, textiles, inertes, déchets ultimes. Ce qui est encore en état est proposé au réemploi plutôt que jeté.