Crissier ne ressemble pas aux autres communes de l'agglomération lausannoise. Sur 5,51 km², près de la moitié du territoire est bâtie ou occupée par des infrastructures, et la commune abrite à peu près autant d'emplois que d'habitants. Pour nous, la conséquence est directe : à Crissier, un débarras sur deux concerne un local professionnel et non un logement. Nous y sortons du mobilier de bureau, des rayonnages, du matériel d'atelier, des stocks de fin d'exploitation, aussi souvent que des appartements et des maisons. Depuis Lausanne, la commune est à une petite dizaine de kilomètres, ce qui permet de faire plusieurs rotations dans la journée sans stockage intermédiaire.
Le bâti crissiérois se lit en trois couches. Le vieux bourg, autour de la rue d'Yverdon et du château, a gardé des constructions en molasse inventoriées par les monuments historiques, vestiges du passé agricole et viticole du village qui ne comptait que 354 habitants en 1803. Viennent ensuite les immeubles de la seconde moitié du XXe siècle : la population a presque doublé entre 1960 et 2000, en passant d'environ 3'155 à 6'137 habitants, et ces bâtiments ont des cages d'escalier serrées et des ascenseurs au gabarit limité quand ils en ont un. Enfin les constructions récentes, tirées par une croissance d'environ 30 % entre 2010 et 2023 : L'Orée, sur l'ancienne friche industrielle de Ley Outre, Les Uttins, et les autres plans de quartier adoptés. Un galetas de maison ancienne, un trois-pièces des années 70 et un appartement neuf ne se vident pas avec le même matériel.
Le sud et l'ouest de la commune concentrent les surfaces d'activités et de vente : la rue de Morges, le chemin du Closalet et son centre commercial, le secteur de Croix-Péage, et les anciens sites industriels de Ley Outre en cours de reconversion. Les débarras y suivent d'autres règles que dans un immeuble. L'accès se fait par les quais de livraison quand le bâtiment en a un, les horaires se calent en dehors des heures d'ouverture pour les surfaces commerciales, et les volumes se comptent en palettes plutôt qu'en cartons. Nous vidons aussi bien un bureau que la réserve d'un magasin ou le dépôt d'un artisan qui rend ses locaux.
La circulation commande le reste. La jonction de Crissier, sortie 18 de l'A1, est l'un des noeuds autoroutiers les plus chargés de Suisse romande : le goulet de Crissier sature aux heures de pointe, entre l'échangeur d'Ecublens au sud et celui de Villars-Sainte-Croix à l'ouest. Nous chargeons donc tôt le matin ou en milieu de journée, jamais entre 16h et 19h sur cet axe. Sur la commune, la route de Cossonay a été entièrement reconstruite pour le bus à haut niveau de service de la ligne 9, avec des voies réservées et des giratoires traversés en leur centre : on ne stationne pas un camion sur un site propre. Le stationnement privilégié sur le domaine public est géré par PARKINGPAY depuis juillet 2022, et les autorisations se demandent à l'Office de la population, au chemin de Chisaz 1.
Reste l'élimination. La déchèterie qui dessert Crissier est intercommunale, partagée avec Bussigny, Chavannes-près-Renens et Villars-Sainte-Croix, avec un accès par la rue de Morges en face de Media Markt ; elle est réservée aux particuliers domiciliés dans ces quatre communes, sur carte d'accès, et n'y sont acceptés ni les déchets ménagers ni les pneus. L'écopoint de la voirie, à la rue des Alpes 3, ne prend que du pré-trié, papier, carton, verre et textiles, et pas les entreprises. Quant aux encombrants, ils partent avec la déchèterie mobile, qui ne s'installe que cinq fois par année sur la commune. Aucune de ces filières ne peut absorber le contenu d'un logement ou d'un local. Nous chargeons donc directement au camion et répartissons chaque flux dans les filières suisses, en intervenant aussi chez les voisines directes : Bussigny, Villars-Sainte-Croix, Mex, Sullens, Jouxtens-Mézery, Renens et Ecublens.