Aigle est une ville de carrefour. Elle s'étend à 415 mètres d'altitude, là où la Grande Eau rejoint la plaine du Rhône, entre la vallée des Ormonts, la vallée du Rhône et le pied des Préalpes vaudoises. Depuis Lausanne, nos camions rejoignent la commune par l'autoroute A9 et la sortie 17 Aigle, à une quarantaine de kilomètres, ce qui permet de charger puis de repartir sans transbordement intermédiaire. La gare est sur la ligne du Simplon et sert de tête de ligne aux trois chemins de fer TPC qui montent à Leysin, aux Diablerets et vers Monthey et Champéry. Une partie des logements que nous vidons appartient à des gens qui montent vers les stations ou qui en redescendent.
Le centre historique se divise en quatre quartiers qui n'ont pas du tout le même accès. Le Bourg est le coeur urbain : la rue de Jérusalem y aligne d'anciennes maisons de bois reliées par des passerelles couvertes, et les façades contiguës ne laissent guère de place à un camion. Le quartier de la Chapelle prolonge le Bourg en direction du château. Le Cloître, au pied du château et au milieu des vignes, est fait de ruelles étroites bordées de hauts murs de pierre, avec des logements, de nombreuses caves viticoles et l'église Saint-Maurice. Le quartier de la Fontaine, sur la rive droite de la Grande Eau, garde son lavoir couvert et d'anciennes écuries reconverties. Dans ces quatre secteurs, l'ascenseur est rare, les cages d'escalier tournent serré et le portage à la main reste la règle.
La partie basse de la ville obéit à une autre logique. Sous-Gare, quartier résidentiel du vingtième siècle, La Planchette, ensemble d'immeubles locatifs en expansion, ainsi que Les Glariers et Novassalles près de la gare, offrent des accès véhicules plus simples mais des paliers et des ascenseurs au gabarit limité. Plusieurs de ces immeubles disposent d'un parking souterrain dont la hauteur sous plafond interdit le camion : nous chargeons alors en surface, au plus près de l'entrée. Le centre est par ailleurs réaménagé par étapes, place du Marché, rue Plantour, avenue Chevron, avenue du Cloître, rues du Rhône et du Midi, ce qui déplace régulièrement le stationnement et les sens de circulation.
Sur les hauts et en périphérie, les volumes changent de nature. Fontanney, les Plans d'Essert et Les Afforêts forment des secteurs dispersés, desservis par des routes qui montent depuis la plaine ; les maisons y ont des caves, des galetas, des remises et parfois un rural attenant. Le vignoble d'Aigle, qui remonte jusque sous le château, ajoute des caves et du matériel de cave. En plaine, la zone industrielle s'étire le long de la route d'Evian et de la route Industrielle en direction de Saint-Triphon, avec ateliers, dépôts et bureaux dont il faut sortir mobilier professionnel, rayonnages et archives.
L'élimination, elle, suit des règles proprement aiglonnes. La déchèterie se trouve route d'Evian 76 et son accès est strictement réservé à la population d'Aigle et d'Yvorne, munie d'une carte magnétique délivrée par le Service des finances à l'Hôtel de Ville. Les déchets provenant d'entreprises, de l'industrie ou de l'artisanat n'y sont en aucun cas acceptés, et les camionnettes et remorques pleines sont renvoyées sur la SATOM, à Monthey. La commune ne ramasse aucun encombrant à domicile : canapés, matelas, sommiers et meubles doivent être apportés sur place. Les déchets inertes y sont limités à un quart de mètre cube par semaine, au-delà les gravats partent aux Carrières d'Arvel, à Villeneuve. Nous chargeons donc directement dans le camion et répartissons chaque flux dans sa filière : bois, ferraille, appareils électriques et électroniques, papier et carton, textiles, déchets ultimes. Ce qui est encore en état est proposé au réemploi plutôt que jeté.