La Tour-de-Peilz occupe la bande de terrain qui sépare Vevey de Montreux, entre l'Oyonne à l'ouest et le ruisseau de la Maladaire à l'est. Sur seulement 329 hectares, le sol monte de 372 mètres au bord du Léman à 507 mètres sur les hauts, du côté de Saint-Légier-la-Chiésaz. Pour une équipe de débarras, cette pente commande tout : le stationnement, la longueur du portage, le nombre de rotations du camion. Nous repérons systématiquement l'adresse avant d'intervenir, parce qu'un logement au quai Roussy et une villa au-dessus de Burier ne se vident ni avec le même véhicule ni avec la même organisation.
Le centre ancien concentre les cas les plus délicats. Le bourg a gardé son plan de ville fortifiée : la Grand-Rue et la rue des Remparts alignent des maisons contiguës, avec des cages d'escalier étroites, des combles bas et, la plupart du temps, aucun ascenseur. Depuis 2015, la place des Anciens-Fossés est piétonne et le stationnement est passé sous terre, au parking des Remparts. Un camion ne se gare donc pas devant la porte. Nous travaillons en navette avec un véhicule de petit gabarit, nous sollicitons au besoin une autorisation de stationnement temporaire auprès de la commune, et nous évitons le samedi matin, quand le marché occupe la place. Les meubles volumineux sortent démontés : c'est plus long sur place, mais cela évite d'abîmer les paliers et les rampes.
Le point qui surprend le plus les Boélands concerne l'évacuation elle-même. La déchèterie de la Faraz, à l'avenue de la Perrausaz, n'est ouverte qu'aux habitants de la commune, sur présentation d'une carte d'accès délivrée par la Maison Communale, et son règlement exclut les entreprises. Un mandataire ne peut donc pas y déposer le contenu d'un appartement. Quant aux écopoints répartis dans les quartiers, au Clos-d'Aubonne, aux Mousquetaires, à la rue des Terreaux ou au chemin des Bulesses, ils ne prennent que le ménage courant. Nous acheminons nous-mêmes chaque flux vers les centres de tri régionaux : bois, ferraille, appareils électriques, textiles, encombrants et déchets spéciaux sont séparés au chargement plutôt qu'au dépôt.
Les demandes se rangent en trois familles sur le territoire communal. Les villas des hauts, entre Burier, les Bulesses et la Perrausaz, arrivent souvent au moment d'une succession : caves, ateliers, abris et cabanons de jardin représentent alors la plus grosse partie du volume. Les immeubles de Bel-Air et du Clos-d'Aubonne relèvent plutôt du vide appartement de fin de bail, avec un état des lieux à tenir et une remise en état derrière. Les logements du bord du lac, autour du Port et vers la plage de la Maladaire, comptent une part de résidences secondaires et de locations dont les propriétaires ne résident pas sur place : nous travaillons alors sur remise de clés et documentons l'intervention en photos.
Sur le plan logistique, la commune est à une vingtaine de minutes de Lausanne par l'A9, encadrée par les sorties de Vevey et de Montreux. La route du bord du lac, parcourue par le trolleybus de la ligne Vevey-Villeneuve, traverse le territoire de part en part et supporte mal l'arrêt d'un camion aux heures de pointe : nous calons les chargements en dehors de ces créneaux. Les gares de La Tour-de-Peilz et de Burier, toutes deux sur la ligne du Simplon, servent de repères commodes pour situer une adresse au téléphone. Enfin, comme nous couvrons Vevey, Montreux, Blonay et Saint-Légier-la-Chiésaz, plusieurs interventions de la Riviera peuvent être groupées dans la même tournée.