Moudon est une ville de passage devenue ville de plateau. Elle s'étend à 514 mètres d'altitude sur un peu plus de quinze kilomètres carrés, au croisement des anciens axes qui reliaient l'Italie à la Bourgogne et Genève à Berne. Depuis Lausanne, nos camions montent par la route de Berne et le Chalet-à-Gobet, puis redescendent sur la Broye : une vingtaine de minutes de route hors trafic, sans autoroute sur la fin du parcours. La gare, ouverte en 1876, est sur la ligne de la Broye entre Palézieux et Payerne, et les cars postaux rayonnent vers les villages du Jorat et de la Haute-Broye. Nous intervenons aussi bien en ville qu'à Chavannes-sur-Moudon, à Bussy-sur-Moudon, à Syens ou en direction de Lucens.
La Ville-Haute est le morceau qui change tout. Le quartier du Bourg occupe la crête d'un long promontoire rocheux, et ses hautes façades arrière prolongent littéralement les falaises de molasse : cet ensemble compte parmi les architectures civiles médiévales les mieux conservées du canton et vaut à Moudon un classement comme site d'importance nationale. La partie haute de la rue du Château correspond au noyau primitif, avec ses maisons à arcades et la grande tour de Broye. S'y ajoutent le château de Rochefort, qui abrite le musée du Vieux-Moudon, l'église Saint-Étienne et de nombreuses maisons bourgeoises et patriciennes des seizième, dix-septième et dix-huitième siècles. Concrètement : rues étroites, arcades basses, cages d'escalier tournantes, caves voûtées, combles sous charpente ancienne et ascenseur quasi inexistant. Tout sort à la main, souvent démonté sur place, et les meubles massifs des maisons patriciennes demandent du monde plutôt que du matériel.
La montée et la descente pèsent autant que la largeur des rues. La rue du Château grimpe fort, et la pente qui redescend vers la Broye est assez raide pour que les promenades officielles proposent un contournement en voiture aux personnes à mobilité réduite. Un camion lourd chargé ne fait pas d'aller-retour dans ces pentes toute la journée : nous stationnons au point accessible le plus proche, souvent au parking du Vallon qui dessert le Bourg, et nous faisons la navette avec un véhicule léger et des diables. La Ville-Basse, elle, s'organise autour de la gare, de l'avenue de Préville, de l'avenue de Lucens et de l'avenue de Billens, avec des immeubles locatifs aux accès plus simples mais aux paliers et aux ascenseurs de petit gabarit.
Autour du centre, l'habitat change encore de nature. Les hameaux du Plan, de Villaret et de Bressonnaz-Dessous, ainsi que les anciens domaines comme Grange-Verney, Le Grand-Pré ou Montsandon, apportent des volumes agricoles : granges, remises, fenils, machines et matériel accumulés sur des décennies. Les secteurs d'activité de Bressonnaz, de Grange-Verney et du chemin de Bronjon regroupent ateliers, dépôts et bureaux dont il faut sortir mobilier professionnel, rayonnages et archives.
L'élimination suit des règles proprement moudonnoises. La déchèterie communale se trouve route de Bronjon 9 et sa barrière ne s'ouvre qu'avec une carte d'accès communale : la carte privée se retire à l'Office de la population, la carte entreprise à l'Urbanisme et police des constructions. Les entreprises, commerces, artisans et agriculteurs n'y déposent que le fer-blanc, le verre, le papier, l'aluminium et les compostables, en quantité équivalente à celle d'un ménage ; tout le reste est à éliminer par leurs soins. Les fenêtres avec cadre et verre, les gravats, les déchets de chantier, les pneus et les palettes EURO ou CFF y sont refusés. Nous chargeons donc directement dans le camion et répartissons chaque flux dans sa filière : bois, ferraille, appareils électriques et électroniques, papier et carton, textiles, inertes, déchets ultimes. Ce qui est encore en état est proposé au réemploi plutôt que jeté.