Depuis Lausanne, Bulle est à 48 kilomètres. On y monte par l'autoroute A12 Berne-Vevey, que la ville borde et à laquelle elle doit son développement récent. Bulle est un carrefour : les routes de Vevey, de Fribourg, de la vallée de la Jogne et du Pays-d'Enhaut s'y rejoignent. Le territoire communal est vaste et accidenté, des bords de la Sarine à 679 mètres jusqu'à 1390 mètres sur la colline de la Chia. La ville d'origine occupe une butte entourée d'anciens marais, ce que rappellent les lieux-dits de la Palud et de la Léchère, et les quartiers modernes se sont étendus de part et d'autre, vers les contreforts de la Chia à l'ouest et la colline de Jéricho à l'est. Un camion ne circule pas de la même façon d'un bout à l'autre de la commune.
La croissance démographique explique ce que nous trouvons derrière les portes. Bulle a doublé de taille en une génération et la fusion avec La Tour-de-Trême, la plus importante du canton de Fribourg à l'époque, a créé au 1er janvier 2006 une commune de 16'000 habitants qui en compte aujourd'hui plus de 27'000. Une grande part du parc immobilier est donc récente : immeubles avec ascenseur, appartements aux portes palières normalisées, garages souterrains. La contrainte n'est plus l'escalier mais la rampe et la hauteur sous plafond du sous-sol, souvent trop basse pour un véhicule utilitaire. Nous relevons la hauteur libre avant l'intervention et travaillons depuis la place de dépose extérieure quand le sous-sol est inaccessible.
Le centre est d'une autre nature. Les deux rues originelles enfermées dans les remparts entre 1231 et 1239, la Grand-Rue et la rue de Bouleyres, structurent encore la ville, avec le château édifié quelques décennies plus tard. Le 2 avril 1805, un incendie a détruit en quelques heures la quasi-totalité des bâtiments d'une bourgade d'environ 1200 habitants ; la reconstruction a duré un demi-siècle et a donné la place du Marché actuelle. Il en reste un bâti du XIXe siècle contigu, en ordre continu, avec des cages d'escalier étroites, des combles et des caves basses. Ces logements se vident par portage, meubles démontés, avec protection des paliers communs.
Le stationnement se prépare. Le parking payant s'est étendu au centre : la rue de Gruyères, entre la rue Saint-Denis et la rue de Vevey, est limitée à deux heures en semaine. Les parkings du Marché, du Centre à la rue de la Sionge et de Bouleyres absorbent le reste, mais ils sont eux aussi à durée limitée et ne conviennent pas à un camion en chargement. Le réaménagement du centre-ville en cours touche précisément la Grand-Rue, la place du Marché et la place Saint-Denis. Nous vérifions donc l'état des places devant l'adresse avant de fixer la date et, si nécessaire, nous demandons l'occupation temporaire de la chaussée à la commune.
L'élimination suit les règles fribourgeoises. Les ordures partent dans le sac taxé officiel de couleur orange, sorti sur la voie publique dès 7h le jour de la tournée, la commune étant divisée en deux secteurs de ramassage, A et B, séparés par le chemin de Bouleyres, la rue Victor-Tissot et la rue de Vevey. La déchetterie de la Palud, à la rue de l'Étang, est strictement réservée aux personnes domiciliées dans la commune et reste fermée le lundi et le jeudi. Les déchets de construction ne s'y déposent pas : ils vont au centre de tri de Vuadens. Nous chargeons donc directement et répartissons chaque flux par filière. Ce qui est encore utilisable est proposé aux circuits de réemploi de la région plutôt que jeté.